mardi 30 avril 2013

"loi Florange ?! "...

Ne l'appelez plus "loi Florange" Après des mois de tergiversations, les députés PS ont présenté mardi leur proposition de loi sur la reprise des sites rentables. Une version édulcorée de leur promesse de campagne. L’obligation de cession a depuis été abandonnée, notamment en raison de sa non-conformité au principe de propriété protégé par la Constitution. Selon le texte, que s’est procuré, "Les Echos", la mesure concernerait les groupes de plus de 1.000 salariés.Une amende de plus de 28.000 euros par emploi supprimé Le gouvernement a préféré opter pour la dissuasion. La direction devra rechercher un repreneur pour le site qu’elle souhaite fermer pendant trois mois, en tenant informé le comité d’entreprise qui pourra saisir le tribunal de commerce s’il estime que l’employeur ne joue pas le jeu. Le juge vérifiera notamment si l’employeur a refusé des offres de reprises crédibles, et pourra sanctionner l’entreprise d’une amende dissuasive de plus de 28.000 euros par emploi supprimé. La loi Florange ne pourra toutefois pas s'appliquer au site d'ArcelorMittal.

Le projet de loi sur la reprise des sites rentables

lundi 29 avril 2013

Les négociations sociales : 1er réunion le mardi 30 avril


Les syndicats vont se battre notamment pour le maintien des salaires, les primes de reclassement, les départs en retraite anticipée et les conditions en cas de mutation...

Vos représentants FO vous tiendront informés au fil de la négociation.

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jeudi 25 avril 2013

La Vierge de Hayange et son SOS semblent bien seuls sur le promontoire qui surplombe une vallée baignée de soleil. La rouille a gagné un peu plus de terrain, hier, alors que les hauts fourneaux P3 et P6, en sommeil depuis deux ans, ont été débranchés, dans le cadre de la première phase d’une mise sous cocon dont personne n’est dupe de l’issue (lire RL d’hier).
Les deux cathédrales de fer ont servi de toile de fond à la dernière manifestation « des résistants » d’ArcelorMittal. Au pied de l’immense statue représentant trois fiers sidérurgistes, des syndicalistes FO bien isolés – alors que l’intersyndicale a vécu – ont gravé dans le granit la « trahison » de François Hollande. « Ici reposent les promesses de changement de F. Hollande , faites aux ouvriers et leurs familles à Florange le 24.02.2012 Forges et sidérurgie lorraine, 1323 - 2013 ». Le texte est sobrement signé de la « Force ouvrière de Florange ».
Triste clap de fin en réalité, qui a fait l’objet d’intenses tractations en coulisses pendant 24 h. D’un côté, Philippe David, maire PS de Hayange, qui aurait bien voulu éviter cette pierre funéraire, à un an des élections municipales, dans une ville désignée comme « prenable » par le Front national (lire ci-contre). De l’autre, le préfet Nacer Meddah, qui a rencontré les syndicalistes FO dans la matinée, leur confirmant que François Hollande « avait bien pour projet de revenir ». Si Walter Broccoli (FO) a démenti toute tentative de pressions du représentant de l’État pour éviter à François Hollande l’indignité d’une plaque, comme Sarkozy à Gandrange en 2009, il est clair que les pouvoirs publics s’activent pour déterminer la bonne fenêtre météo dans une atmosphère sociale encore agitée pour un retour du Président de la République. Surtout à quelques jours de l’anniversaire de son élection, le 6 mai 2012.

« Les mensonges »


Comme un clin d’œil à l’historique accession de la gauche au pouvoir, trente-et-un ans après François Mitterrand, un bouquet funéraire de vingt-deux roses rouges frappé de la mention « changement » – comme dirait « à mon cher frère disparu » – a été déposé près de la stèle symbolisant leurs espoirs déçus. « Vingt-deux, c’est le nombre de mois de notre lutte qui s’achève aujourd’hui », explique Frédéric Weber (FO), devant une foule de journalistes plus nombreuses que ses camarades d’ArcelorMittal. Au son crachotant d’un mégaphone et dans un silence d’enterrement, ils ont rediffusé une dernière fois « la promesse de l’estafette ». Où le candidat Hollande affirmait, le 24 février 2012, vouloir une loi sur la reprise publique des rentables pour « ne pas [se] retrouver dans la situation d’être élu, un jour, sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue ». Réponse de Pascal Grimmer (FO), solennel : « Vos mensonges sont aussi grands que ceux de vos prédécesseurs. Vous nous avez trompés les yeux dans les yeux ». Walter Broccoli se lance ensuite dans une ode à la famille de l’acier, à ceux « qui resteront à jamais dans nos cœurs et nos mémoires ». Il ne la finira pas, rattrapé par l’émotion. Il rejoindra ses potes quelques minutes plus tard pour une photo, bras dessus, bras dessous, la plaque au premier plan, les hauts fourneaux, désormais éteints, comme certains visages, au second.
R.L. du 25 avril 2013.


mercredi 24 avril 2013

24 AVRIL 2013...

Non, je vous assure, nous n’avons aucune date. J’entends les rumeurs comme tout le monde mais rien sur le PR en Lorraine pour l’instant », promet Nathalie Basnier, la directrice de cabinet du préfet, Nacer Meddah, en déplacement à Paris, avec ses homologues du reste de la France.

Hier, selon les informations d’une radio nationale, l’arrivée du PR, comprendre le président de la République, paraissait pourtant acquise dès la semaine prochaine et, tout au moins, pour le début du mois de mai. Vérifications faites, aucun déplacement de la sorte ne serait dans les tuyaux dans l’immédiat.

Une chose est sûre : François Hollande a promis en décembre de revenir à Florange d’ici « six mois à un an ». En janvier et février, le retour de l’homme des promesses de l’estafette devait avoir lieu dans les deux mois.

Aujourd’hui, les salariés attendent toujours. Michel Liebgott, député-maire de Fameck, qui a porté le dossier, sa venue est improbable la semaine prochaine, « alors même que je m’accorde cinq jours de congés dans le Sud ». Sur le fond, le parlementaire estime qu’un « président de la République doit toujours pouvoir se déplacer partout en France, quelles que furent ses erreurs […] Évidemment qu’ils ne s’attendent pas à un retour triomphal et je reste partagé sur sa venue. Mais, comme cycliste, je sais que même le dernier du Tour de France a droit à des applaudissements ». FO a déjà tranché : côté promesses, Hollande égale Sarkozy. Ils l’exprimeront en érigeant, cet après-midi, la stèle de Florange, après celle de Gandrange pour le précédent hôte de l’Élysée. « Qu’il vienne », affirme Frédéric Weber (FO), « il fait ce qu’il veut ; nous, on fait ce qu’on doit. Sauf à venir dire qu’on met 100 M€ tout de suite sur LIS [Low Impact Steelmaking] , à Florange ! Sinon… Pfff, surtout après l’humiliation de l’Assemblée par Mittal la semaine passée ! »

Hollande ne pourra pas revenir à Florange avec seulement de lointaines promesses. « Les 32 M€ [13 M€ de Mittal + 19 M€ de fonds publics, lire RL d’hier] c’est bien mais ça ne suffit pas. Mais LIS à Florange, d’ici deux ou trois ans et non pas six ans, là, on peut discuter », insiste Édouard Martin (CFDT). C’est le prix à payer pour la merguez partagée au pied de l’estafette le 24 février 2012.


C’est l’idée qui a fait le buzz, hier matin, dans le dossier ArcelorMittal. Des salariés qui déposent plainte contre Mittal pour « préjudice moral » ! Étonnante de prime abord, l’initiative, qui revient à Force ouvrière, serait en préparation depuis plusieurs semaines au cours desquelles le syndicat de Walter Broccoli et Frédéric Weber aura consulté « de très nombreux avocats à Paris et à Metz », comme l’a indiqué le premier nommé, hier matin.

Incertaine sur le plan procédural pour l’heure, la démarche en justice viserait à obtenir des « dommages et intérêts » pour prendre en compte la douleur des salariés « maltraités depuis des mois, dans l’incertitude », plaide Walter Broccoli, qui pense aussi « à ceux qui vont devoir déménager avec leurs familles ». « Mittal a des milliards pour lui tout seul ; 16 milliards de fortune personnelle ! Et nous ? », interroge le syndicaliste, qui reconnaît s’être inspiré « des méthodes à l’américaine où ces procédures existent ».

Concrètement, les choses pourraient se préciser dès demain, lors d’un rendez-vous que le syndicat a avec le cabinet Avi Bitton, à Paris, qui semble tenir la corde pour orchestrer la procédure...
R.L. du 24 avril 2013

samedi 20 avril 2013

La leçon d’économie de Lakshmi Mittal...

Arrivé avec une demi-heure de retard, hier matin, Lakshmi Mittal s’est payé le luxe de faire la leçon aux députés qui s’agaçaient de son indélicatesse. « Moi, j’étais à l’heure, si je n’avais pas passé 1h30 dans vos embouteillages! Vos infrastructures sont à revoir. » « Nous étions sidérés par tant d’aplomb », raconte Michel Liebgott, dans la salle des Quatre Colonnes de l’Assemblée nationale, vers 13h, à l’issue de l’entretien à huis-clos. Le tycoon de l’acier d’origine indienne est déjà loin, lui qui a tout juste consenti trois ou quatre minutes à la presse pour des prises d’image, soignant sa com’, sourire aux lèvres, très à l’aise en costume bleu, chemise blanche et cravate assortie, flanqué de son vice-président et ex-directeur de Florange, Henri Blaffart.

Voilà pour la forme. Sur le fond, Lakshmi Mittal n’a évidemment rien lâché. Pas d’aciérie électrique pour prolonger la filière liquide à Florange, comme le proposait vendredi la CFE-CGC. « Ce n’est pas compétitif en France, compte tenu du coût de l’énergie, 20% moins chère en Allemagne ». Rien ou presque sur le projet d’acier propre qui doit prendre la relève d’Ulcos. « Les études n’auront de traduction industrielle que si c’est viable économiquement », a-t-il signifié à la commission en la renvoyant pour plus de détails à la réunion du comité de suivi de l’accord de Matignon du 22 avril prochain. « On devrait quand même obtenir des détails sur LIS ( Low Impact Steel ) ainsi que sa feuille de route », estime Michel Liebgott, député et vice-président de la commission d’enquête sur l’avenir de l’industrie, au sortir du debriefing auquel il a participé à Matignon, vers 15h30. Il confirme que Jean-Marc Ayrault a suivi « de très près » l’audition du PDG d’ArcelorMittal. « le Premier ministre sera très pointilleux sur tous les points de l’accord », insiste Michel Liebgott.
Compétition planétaire

Pour le reste, Lakshmi Mittal s’en est tenu aux 180 M€ d’investissements en cinq ans de l’accord du le 30 novembre dernier, tout en insistant sur sa volonté « d’investir dans ses sites portuaires de Fos-sur-Mer et Dunkerque », comme l’a rappelé Jean Grellier, député PS des Deux-Sèvres et président de la commission d’enquête.

La partie la plus surprenante de l’audition du PDG d’ArcelorMittal fut sans doute le cours d’économie ultralibérale qu’il a donné aux élus français. « Brut de décoffrage. En nous faisant bien sentir que son jardin, c’était le monde et qu’il fallait s’en tenir aux règles de la compétition planétaire », rapporte encore Michel Liebgott, marqué par la vigueur du plaidoyer. « On a bien tenté de lui opposer qu’il bénéficiait du chômage partiel chez nous, qu’il a fait du fric avec la revente des quotas de CO2, mais bon...» Mittal, lui, a doctement souligné la faiblesse des coûts de production en Chine - « a vec un coût du travail à trois dollars de l’heure » - tout en vantant « la qualité de la technologie et de la recherche européenne ». Il a même délivré ses conseils à l’Europe: « Il faut que vous renforciez vos barrières douanières comme les USA l’ont fait, sinon vous serez envahis par des produits moins chers », relate Michel Liebgott, qui lui donne néanmoins raison sur l’issue, à terme. « Elle sera fatale à l’industrie continentale, d’ici vingt ou trnte ans, sans stratégie européenne forte ». Voilà peut-être la vraie leçon du jour.
R.L. du 19 avril 2013.

C.E. Extraordinaire du 19 avril 2013 :

Entre ArcelorMittal et sa filiale « transport » Gépor, c’est une histoire de halles et de salariés à déplacer. Comme « des pions » ? C’est, en tout cas, la grande crainte des organisations syndicales au sortir du Comité d’entreprise (CE) extraordinaire de l’usine sidérurgique de Florange, hier matin. « Cette réunion, organisée par la direction, avait pour but de nous expliquer la redéfinition des activités de manutention et de logistique confiées jusqu’alors à Gépor », indique Jean Mangin. Qui riposte : « Force Ouvrière s’oppose à cette organisation de travail qui met dos à dos les salariés d’ArcelorMittal et de Gépor et va réduire emplois et compétitivité, notamment chez les intérimaires . D’ici le 21 mai et la tenue d’un CE extra, nous demandons donc à notre direction de revoir sa copie et de prendre en compte l’avis des salariés. »

« Ces vingt-cinq salariés travaillent depuis vingt ans à la halle 46 [NDLR : stockage et expédition de bobines] d’ArcelorMittal », plaide Yves Fabbri (CGT). « Ils ne veulent pas en partir » même si celle-ci entre désormais dans le giron de Gepor ( lire RL du 17/04/2013). « Ils seraient mutés aux halles 24, 25 et 26 que Gépor cède à ArcelorMittal sauf que celles-ci, situées à l’autre bout du portier Sainte-Agathe, ne sont pas aussi modernes » , annonce le syndicaliste, inquiet. « Au-delà des conditions de travail, qui nous dit qu’en 2014, ils ne seront pas non plus impactés par une possible restructuration du packaging ? »

Pour Serge Fuss, « la direction d’ArcelorMittal Florange va à l’encontre de nos principes fondamentaux. Terminons plutôt la négociation sociale en intégrant les salariés de Gépor dans Arcelor », préconise le représentant CFDT, partant du principe que tous sont salariés du même groupe. « Fortement déçue par le déroulé de l’événement », la CFE-CGC hausse le ton. « Pour un traitement social qui se devait exemplaire, on est très mal parti ! Si la direction veut passer en force sans tenir compte des partenaires sociaux, ils vont nous trouver en face ! »

Une pétition, lancée par la CGT et « signée à 99 % par les salariés de la halle 46 contre ce projet » a déjà été remise à la direction, en attendant « l’organisation d’une assemblée générale » à ce sujet.

Contactée, la direction d’ArcelorMittal Atlantique et Lorraine, dont dépend Florange, assure que « ces salariés retrouveront le même type de poste. Le parcours et les aspirations de chacun seront examinés individuellement ».
Virginie DEDOLA. R.L. du 20 avril 2013.